Prêt Action Logement : conditions, plafond et taux 1%
- Prêt Action Logement (1 % logement) : définition, rôle et mécanisme concret
- Conditions d éligibilité au prêt Action Logement : salariés, revenus et logement
- Plafond, taux à 1 % et impact chiffré du prêt Action Logement dans un plan de financement
- Cumul du prêt Action Logement avec PTZ, prêt bancaire et autres aides
- Démarches pour obtenir un prêt Action Logement : dossier, délais et erreurs à éviter
En bref : prêt Action Logement, conditions, plafond et taux à 1 %
- Public visé : salariés du secteur privé non agricole, dont l’employeur cotise à la PEEC, pour financer une résidence principale.
- Taux : environ 1 % hors assurance, fixe sur toute la durée, sans frais de dossier, dans la limite de 25 ans.
- Plafond : jusqu’à 30 000 à 40 000 € selon la zone, sans dépasser 40 % du coût global du projet immobilier.
- Conditions : ressources plafonnées par zone, bien utilisé en résidence principale, logement respectant un niveau énergétique minimal.
- Cumul : compatible avec prêt bancaire classique, PTZ, PEL, apport personnel et, sous conditions, APL accession.
Prêt Action Logement (1 % logement) : définition, rôle et mécanisme concret
Un appartement de 230 000 € acheté à Rennes coûte bien moins cher à financer si une partie du crédit passe à 1 % au lieu de 3,6 %. C’est précisément ce que permet le prêt Action Logement, souvent encore appelé prêt employeur ou « 1 % logement ». Dans les faits, ce n’est pas un cadeau de la banque mais le résultat d’un mécanisme ancien : la participation des entreprises à l’effort de construction.
Le principe repose sur la PEEC
Dans un projet immobilier, ce prêt joue le rôle d’un crédit complémentaire. Il ne remplace pas le financement principal contracté auprès d’une banque, mais vient en réduire le coût global. Sur un plan de financement typique, il apparaît entre l’apport personnel et le prêt bancaire amortissable. Les banques considèrent souvent ce prêt comme un « quasi-apport », car il diminue le risque et la charge d’intérêts à un coût très bas pour le ménage.
Selon Action Logement, ce crédit à 1 % peut représenter jusqu’à 40 % du coût de l’opération, dans la limite d’un plafond qui varie par zone. Dans les grandes agglomérations comme Paris, Lyon ou Bordeaux, la limite haute atteint 30 000 à 40 000 €. Dans les zones rurales, le plafond descend plutôt vers 10 000 €. Cette modulation par territoire vise à coller à la pression immobilière locale, en s’appuyant sur la même cartographie A, B1, B2, C que le *prêt à taux zéro* définie par décret sur Légifrance.
Le mécanisme financier est simple : sur la partie financée en prêt Action Logement, le taux nominal est d’environ 1 % hors assurance, fixe sur la durée. À comparer aux chiffres publiés par la Banque de France, qui montrent un taux moyen des crédits habitat plutôt autour de 3 à 4 % ces derniers mois. Sur 20 ou 25 ans, l’écart d’intérêts cumulés devient vite très net, même pour un montant modeste.
Ce que dit la réglementation : il s’agit d’un prêt affecté à l’achat, la construction ou l’amélioration de la résidence principale du salarié. Ce que cela ne dit pas tout de suite : ce crédit ne financera jamais un investissement locatif pur, une résidence secondaire de vacances ou un studio destiné uniquement à la location saisonnière. La cohérence avec la politique d’accession à la propriété est assumée.
Cas pratique. Camille et Thomas, salariés dans le privé, ciblent un T3 ancien à 220 000 € à Nantes. Leur budget se structure ainsi : 20 000 € d’épargne, 30 000 € de prêt Action Logement à 1 %, 44 000 € de PTZ à 0 % (selon les barèmes publiés sur *Service-public.fr*), et 126 000 € de prêt bancaire à 3,5 % TAEG. S’ils n’avaient pas accès au prêt employeur et au PTZ, le prêt bancaire grimperait à 200 000 €. La différence d’intérêts sur 20 ans se chiffre à plusieurs dizaines de milliers d’euros selon la durée et les conditions d’assurance.
Cette articulation entre prêt principal et prêt aidé donne au dispositif une place particulière dans le financement immobilier. L’enjeu pour un ménage n’est pas seulement de vérifier « suis-je éligible ? », mais de mesurer concrètement la baisse de mensualité et d’intérêts que ce levier procure par rapport à un montage 100 % bancaire. Sans ce calcul, la puissance réelle du dispositif reste abstraite.
Cette première approche pose le décor : un prêt encadré, affecté à la résidence principale, qui agit comme réducteur de coût. La question suivante devient logique : qui peut en bénéficier et sous quelles conditions précises de ressources, de contrat de travail et de type de logement ?
Conditions d éligibilité au prêt Action Logement : salariés, revenus et logement
L’accès au prêt Action Logement à 1 % repose sur un double filtre. D’un côté, le profil professionnel du demandeur ; de l’autre, le projet immobilier lui-même. Ce filtrage n’a rien d’anecdotique : il détermine qui profite de la contribution des employeurs et garantit que l’argent finance bien l’accession à la résidence principale.
Sur le volet professionnel, l’organisme cible les salariés du secteur privé non agricole. Les indépendants, professions libérales, exploitants agricoles ou agents publics se tournent vers d’autres outils. Le statut du contrat reste toutefois souple : CDI, CDD en cours, alternance ou apprentissage peuvent ouvrir la porte, sous réserve d’un contrat actif au moment de la demande. Certains intérimaires bénéficient même de mécanismes dédiés via *Action Logement Services* et les entreprises de travail temporaire.
La taille de l’entreprise a longtemps limité l’accès, mais le cadre a évolué. Les contributions PEEC concernent surtout les sociétés d’au moins 50 salariés, toutefois le salarié n’a plus à vérifier le seuil exact : c’est la convention de l’employeur avec Action Logement qui fait foi. En pratique, la plupart des grandes enseignes de la distribution, services, industrie ou santé privée permettent à leurs équipes de mobiliser ce prêt, parfois sans communication interne massive (ce qui explique le nombre important de salariés qui passent à côté du dispositif).
Côté projet, deux critères pèsent lourd : la destination du bien et sa qualité énergétique. Le logement doit devenir la résidence principale de l’emprunteur sous 1 an après l’achat ou la fin des travaux, selon les règles rappelées sur *Actionlogement.fr*. Il peut être neuf (VEFA), ancien, social en vente HLM ou maison individuelle en construction. En revanche, un studio acheté pour de la colocation étudiante ou du meublé touristique ne rentre pas dans les cases, même si l’emprunteur envisage d’y habiter « plus tard ».
Sur le plan énergétique, les passoires thermiques classées F ou G au DPE sont écartées. Depuis 2022, Action Logement aligne ses critères sur la trajectoire de rénovation portée par l’Ademe et le ministère de la Transition énergétique. Le bien doit atteindre au minimum la classe DPE D, ou un niveau jugé « performant » à l’issue de travaux financés en partie par le prêt. Négliger ce point au moment de la promesse de vente peut entraîner un blocage tardif du dossier, avec des conséquences sévères sur le calendrier notarial.
Le filtre de ressources constitue l’autre pilier. Les plafonds reposent sur le revenu fiscal de référence N-2 du foyer, disponible sur l’avis d’imposition. Ils varient selon la zone A bis/A, B1, B2/C et la taille du ménage, sur un schéma proche du PTZ. Pour 2026, Action Logement publie des montants indicatifs ; le tableau suivant reprend une grille type à titre illustratif, qui doit toujours être vérifiée sur le site officiel avant une simulation détaillée.
| Composition du foyer | Zone A bis / A | Zone B1 | Zones B2 / C |
|---|---|---|---|
| 1 personne | 37 000 € | 30 000 € | 27 000 € |
| 2 personnes | 51 800 € | 42 000 € | 37 800 € |
| 3 personnes | 62 900 € | 51 000 € | 45 900 € |
| 4 personnes | 74 000 € | 60 000 € | 54 000 € |
| 5 personnes et plus | 85 100 € | 69 000 € | 62 100 € |
Ces plafonds couvrent une large fraction des actifs, en particulier les ménages jeunes ou en début de carrière. Un couple de trentenaires gagnant ensemble 3 000 € nets par mois reste souvent en dessous des limites en zone B1 ou B2. En zone A bis, le filtre est plus serré, mais le salaire médian y est aussi plus élevé. C’est la limite de l’exercice : sans simuler précisément votre RFR et votre composition de foyer, le diagnostic reste approximatif à quelques milliers d’euros près.
Revenons à Camille et Thomas. Avec deux salaires nets de 1 850 € et 2 100 €, leur revenu fiscal N-2 ressort à 63 400 € selon leur dernier avis d’imposition. À Nantes, classée B1, ils se situent en dessous du plafond de 69 000 € pour un foyer de trois personnes (avec un enfant). Le projecteur passe donc au vert côté ressources, ce qui leur permet de demander 30 000 € de prêt à 1 % pour compléter l’opération.
Au croisement de ces critères, le prêt employeur apparaît comme un outil socialement ciblé mais pas réservé à une minorité. Le point d’attention pour tout acheteur reste de croiser profil pro, RFR et qualité énergétique du bien, avant même d’afficher le prix d’achat dans une simulation. C’est cette vérification en amont qui évite les mauvaises surprises au moment de monter le dossier.
Une fois l’éligibilité confirmée, se pose alors la question du montant obtenable et de la manière de combiner ce crédit avec les autres briques de financement : prêt bancaire, PTZ, PEL ou même crédit conso de complément.
Plafond, taux à 1 % et impact chiffré du prêt Action Logement dans un plan de financement
Sur le papier, un taux à 1 % paraît séduisant. Dans un plan de financement, il faut pourtant aller au-delà du slogan et chiffrer ce que ce taux change réellement. Deux paramètres dominent : le plafond de montant par zone et la durée du prêt, qui peut aller jusqu’à 25 ans selon les barèmes disponibles sur *Actionlogement.fr*.
Le plafond théorique reste double. D’une part, un montant absolu qui se situe autour de 30 000 à 40 000 € dans les zones les plus tendues, et plutôt 10 000 à 20 000 € ailleurs. D’autre part, une limite relative à 40 % du coût global du projet. Un ménage qui achète un bien à 120 000 € ne pourra donc pas bénéficier de 40 000 € de prêt employeur, même en zone A bis : la machine se bloque à 48 000 € théoriques, mais le plafond absolu et les règles internes ramènent le montant à une échelle plus cohérente.
Le taux, fixé autour de 1 % hors assurance, reste stable sur toute la durée. D’après les données Banque de France, un crédit habitat classique sur 20 ans se négocie plutôt entre 3,2 et 4 % selon le profil. La différence de 2 à 3 points sur 20 000 à 40 000 € pendant 20 ou 25 ans n’est pas marginale. Sur 25 ans, même un écart de 2 points représente plusieurs milliers d’euros d’intérêts en moins.
Prenons un exemple chiffré simple, avec un montant de 30 000 € sur 20 ans. À 1 %, la mensualité hors assurance avoisine 138,21 € et le coût total des intérêts atteint 3 170 €. À 3,5 %, pour le même montant et la même durée, la mensualité grimpe vers 174,20 € et les intérêts cumulés dépassent 11 800 € (chiffres indicatifs à affiner avec un simulateur, mais l’ordre de grandeur est réaliste). L’écart de plus de 8 000 € se traduit soit en économies, soit en capacité d’emprunt supplémentaire pour le même effort mensuel.
Sur un plan de financement global, l’effet se ressent de deux façons. D’abord, la mensualité totale diminue à projet constant. Ensuite, à mensualité cible identique, le ménage peut se permettre un budget d’achat un peu plus élevé, ou intégrer plus facilement des travaux de rénovation énergétique. Selon les cas, cette marge de manœuvre fait la différence entre un T2 excentré et un T3 mieux placé, entre un bien à rénover intégralement et un logement habitable immédiatement.
Pour visualiser le rôle du prêt Action Logement, on peut comparer deux plans de financement pour un même projet de 200 000 € hors frais, hors assurance, sur 20 ans, avec un couple éligible.
| Élément | Scénario sans prêt AL | Scénario avec prêt AL |
|---|---|---|
| Apport personnel | 20 000 € | 20 000 € |
| Prêt Action Logement (1 %) | 0 € | 30 000 € |
| Autres prêts aidés (PTZ, PEL) | 20 000 € | 20 000 € |
| Prêt bancaire classique | 160 000 € | 130 000 € |
| Taux prêt bancaire indicatif | 3,5 % | 3,4 % (dossier un peu renforcé) |
Dans ce scénario, remplacer 30 000 € de prêt bancaire par un prêt employeur à 1 % réduit la mensualité globale d’une cinquantaine d’euros selon la durée, et coupe plus de 8 000 € d’intérêts sur 20 ans. À quoi s’ajoute une probabilité légèrement meilleure d’obtenir un taux compétitif sur le prêt principal, puisque le ratio financement/apport s’améliore. Sous réserve de la politique de chaque banque, ce type de montage peut donc sécuriser à la fois l’accès au crédit et son coût.
Pour certains ménages, le problème n’est pas tant le coût que le « dernier kilomètre » du financement, ce reste à charge de 5 000 à 15 000 € que la banque refuse de couvrir au-delà d’un certain ratio. Dans ces cas-là, un petit montant de prêt employeur devient décisif. À défaut, certains se tournent vers un crédit à la consommation, avec des taux supérieurs. Des acteurs comme Yelloan proposent par exemple des crédits personnels en ligne, que des sites comme PrimoAcheteur.fr recommandent via des liens affiliés, en précisant que cette rémunération n’influence pas leur ligne éditoriale.
Selon les cas, ce prêt peut donc agir comme réducteur de coût ou comme levier d’acceptation du dossier. Reste à savoir comment il interagit avec les autres aides publiques comme le PTZ, l’APL accession ou les prêts épargne logement, ce qui suppose de regarder le plan de financement comme un tout plutôt que crédit par crédit.
Une fois ce rôle chiffré, la question se déplace naturellement vers la manière de combiner ce crédit avec les autres dispositifs et vers les montages typiques qu un primo accédant peut rencontrer en 2026.
Cumul du prêt Action Logement avec PTZ, prêt bancaire et autres aides
L’un des points forts du prêt Action Logement est sa capacité à se combiner avec d’autres dispositifs. Ce crédit ne se substitue ni au PTZ, ni au prêt bancaire principal, ni aux aides de l’Anah pour les travaux. Il forme une pièce de plus dans un montage qui ressemble souvent à un puzzle financier, surtout pour un primo-accédant en zone tendue.
Selon *Actionlogement.fr* et *Service-public.fr*, le prêt employeur se cumule avec le prêt immobilier classique, le prêt à taux zéro, les prêts épargne logement (PEL, CEL), d’éventuels prêts locaux des collectivités et, sous conditions, l’APL accession. Les seules limites viennent du taux d’endettement global et de la capacité de remboursement analysés au regard des normes du Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), qui encadrent la durée maximale et la part des revenus consacrée aux mensualités.
Dans la pratique, les montages se déclinent en plusieurs combinaisons typiques. Le cas le plus courant associe prêt bancaire + PTZ + prêt Action Logement. Un deuxième ensemble mêle prêt bancaire + PEL + prêt employeur pour les ménages qui ont un vieux PEL à taux avantageux. Un troisième cas, plus rare mais réel, ajoute un petit crédit conso pour financer des travaux non couverts par le plan de départ, souvent souscrit en ligne auprès d’un acteur spécialisé.
Pour clarifier ce jeu de construction, voici une liste des aides qui se combinent généralement bien avec le prêt employeur :
- un prêt bancaire amortissable, qui reste la brique principale du financement ;
- un PTZ quand le ménage est primo-accédant et que le bien se situe dans une zone éligible ;
- un prêt épargne logement si un PEL ou un CEL ouvert de longue date existe déjà ;
- une éventuelle aide régionale ou municipale à l’accession sociale ;
- un crédit à la consommation de faible montant, le cas échéant, pour des travaux ou du mobilier de base.
Revenons à Camille et Thomas. Leur plan de financement final pour le T3 à 220 000 € se présente ainsi : 20 000 € d’apport, 44 000 € de PTZ, 30 000 € de prêt Action Logement, 126 000 € de prêt bancaire à 3,45 % TAEG et 10 000 € de crédit personnel à 5,9 % pour les travaux de cuisine et salle de bain. Ce dernier crédit, contracté via une plateforme comme Yelloan, représente une mensualité modérée sur 7 ans, mais son coût doit être assumé en pleine connaissance de cause.
Le point clé pour ce couple reste l’ordonnancement des taux. L’ingénierie financière reste simple : on loge d’abord les montants à 0 % et 1 %, puis on complète avec le crédit bancaire plus cher, et enfin, seulement si nécessaire, avec un prêt conso. Dans ce type de montage, la hiérarchie des taux détermine la hauteur de chaque brique. Le rôle du conseiller bancaire ou du courtier consiste souvent à ajuster les durées pour que la mensualité globale reste compatible avec 30 à 35 % des revenus, tout en limitant la durée totale de l’endettement.
La puissance du cumul apparait lorsqu’on compare, comme le fait l’ANIL dans certains de ses exemples, le coût global d’un projet 100 % bancaire et celui où 20 à 30 % du financement passent par des prêts bonifiés. Sur 20 ans, pour un bien de 200 000 € avec 10 % d’apport, l’écart peut atteindre de 15 000 à 25 000 € d’intérêts économisés selon les paramètres retenus. Ce n’est pas magique, mais le différentiel représente plusieurs années de charges de copropriété ou une partie du budget travaux.
Ce que ce jeu de cumul ne dit pas toujours, c’est le besoin de coordination. Chaque prêt possède son calendrier, ses délais d’instruction et ses conditions propres (plafonds de revenus, zone, ancienneté du PEL, diagnostic énergétique, etc.). Un dossier bien ficelé anticipe ces délais pour que tous les fonds soient libérés dans les temps chez le notaire. À défaut, une seule autorisation manquante peut repousser la signature et fragiliser la transaction.
À ce stade, l’enjeu ne tient plus seulement aux montants et taux, mais à la procédure : comment concrètement déposer un dossier prêt Action Logement, en parallèle des démarches bancaires, sans bloquer l’ensemble de l’opération ?
Comprendre cette mécanique de cumul donne un avantage évident pour piloter son achat. Reste à maîtriser le parcours pratique, de la simulation en ligne jusqu à l offre de prêt signée.
Démarches pour obtenir un prêt Action Logement : dossier, délais et erreurs à éviter
Obtenir un prêt Action Logement à 1 % ne demande pas de passer par les ressources humaines de l’entreprise ni de convaincre son employeur au cas par cas. Le point d’entrée se situe sur le site d’Action Logement, via un espace personnel sécurisé. Cette centralisation simplifie le parcours, mais suppose d’arriver avec un dossier déjà structuré.
La première étape consiste à vérifier son éligibilité. Un simulateur en ligne vous demande le code postal du bien, votre situation familiale, votre type de contrat de travail et votre revenu fiscal de référence N-2. En quelques minutes, vous obtenez une indication sur le montant maximal mobilisable et la conformité de vos revenus aux plafonds par zone. Ce n’est pas une offre de prêt, mais un filtre pour éviter de monter un dossier pour rien.
Vient ensuite la constitution du dossier. Les pièces classiques sont demandées : pièce d’identité, justificatif de domicile, contrat de travail ou attestation employeur, trois derniers bulletins de salaire, avis d’imposition, compromis de vente signé ou, pour une construction, contrat de construction ou permis de construire. Dans le cas de travaux, des devis détaillés d’entreprises et, le cas échéant, un audit énergétique complètent le tableau.
Une fois les documents réunis, le dépôt s’effectue en ligne. Le suivi du dossier se fait depuis votre compte : statut « en cours d’étude », « en attente de pièces complémentaires », puis « accord de principe » ou « refus ». Action Logement évoque un délai moyen de 2 à 4 semaines pour l’instruction, qui peut s’étirer en période de forte demande ou si des informations manquent. C’est la raison pour laquelle les organismes comme l’ANIL recommandent de démarrer ces démarches dès la signature du compromis, sans attendre le feu vert définitif de la banque.
Sur le calendrier, plusieurs pièges se répètent. Le premier est d’attendre d’avoir l’offre de prêt bancaire pour engager la demande de prêt employeur. Le risque : ne pas avoir les fonds prêts à la date butoir de signature chez le notaire, et devoir renégocier le calendrier avec le vendeur. Le deuxième est de négliger le DPE du bien. Un logement classé F ou G entraîne un refus, sauf à prévoir un programme de travaux de rénovation qui rehausse la classe énergétique, ce qui renchérit le projet et prend du temps.
Camille et Thomas, dans notre fil rouge, ont lancé leur demande de prêt Action Logement dans la semaine qui a suivi la signature du compromis. Leur dossier était complet, hors un justificatif de situation familiale mis à jour. L’accord de principe est tombé au bout de 18 jours, puis l’offre de prêt a été intégrée au plan global présenté à leur banque. Sans cette anticipation, leur signature aurait dû être décalée de plusieurs semaines, au risque de lasser le vendeur.
Autre source d’erreur fréquente : croire que l’employeur déclenche la procédure. Dans la réalité, les ressources humaines se contentent parfois de rappeler l’existence du dispositif dans un livret d’accueil. C’est au salarié de prendre l’initiative et de s’assurer que l’entreprise est bien conventionnée avec Action Logement. Une simple question au service RH, ou une recherche par SIRET sur le site de l’organisme, permet en général de lever le doute.
Sur le volet administratif, la lourdeur du dossier n’a rien d’exceptionnel par rapport à un prêt bancaire. L’originalité tient surtout au nombre de dispositifs potentiels simultanés : prêt bancaire, PTZ, prêt employeur, éventuellement subventions de l’Anah pour les travaux, voire aides locales. Une bonne pratique consiste à lister chaque aide, son montant visé, le site officiel de référence et le délai estimé d’instruction. Ce tableau de bord, même rudimentaire, évite les angles morts.
Dernier point, mais non des moindres : dès qu’un dispositif touche au crédit ou à la fiscalité, les chiffres donnés ici restent un cadre général. Ils ne constituent ni un conseil patrimonial ni un conseil fiscal personnalisé. Pour un cas particulier, une discussion avec un notaire, un expert-comptable ou un conseiller en gestion de patrimoine indépendant permet de trancher les arbitrages les plus sensibles, notamment quand plusieurs aides interfèrent avec un projet de revente à moyen terme.
Un dossier bien préparé, un calendrier maîtrisé et une vision claire des interactions entre prêts forment un socle solide. Reste une série de questions pratiques que les emprunteurs posent régulièrement sur la vie du prêt une fois mis en place.
Le prêt Action Logement peut il financer des travaux seuls sans achat ?
Oui, selon les conditions publiées par Action Logement, le prêt peut financer certains travaux dans une résidence principale existante : rénovation énergétique, amélioration, adaptation au handicap ou à la perte d autonomie. Le logement doit rester votre résidence principale et les travaux doivent être conformes au cahier des charges de l organisme. Les plafonds de montant et les critères techniques peuvent différer de ceux de l accession, d où l intérêt de vérifier précisément le dispositif en vigueur au moment du projet.
Que se passe t il si je revends mon logement avant la fin du prêt Action Logement ?
En cas de revente de la résidence principale, le capital restant dû sur le prêt Action Logement doit en principe être remboursé lors de la vente, comme pour un prêt bancaire classique. Le notaire intègre ce remboursement dans son décompte et le solde du prix revient au vendeur après règlement des créanciers. Selon les conditions de votre contrat, un remboursement anticipé peut être réalisé sans pénalités, mais il convient de relire l offre de prêt ou de contacter Action Logement pour confirmer les modalités exactes.
Le prêt Action Logement est il compté dans le taux d endettement pour la banque ?
Oui, ce prêt entre dans le calcul du taux d endettement global, comme tout crédit amortissable. Cependant, les banques le perçoivent souvent comme un facteur positif car il réduit le montant emprunté au taux du marché et améliore le montage global. Selon la politique de chaque établissement, la présence d un prêt à 1 pour cent peut même contribuer à obtenir un meilleur taux sur le crédit principal, notamment lorsque le ratio entre financement bancaire et apport quasi propre est plus équilibré.
Puis je cumuler plusieurs prêts Action Logement pour différents projets ?
Le prêt Action Logement vise en priorité un projet principal lié à votre résidence. En règle générale, il n est pas possible d enchaîner plusieurs prêts accession simultanés pour différents biens. En revanche, des dispositifs complémentaires existent parfois pour des travaux ou des situations particulières (mobilité professionnelle, logement dégradé). Chaque convention prévoit ses propres limites. Une vérification directe sur actionlogement.fr ou auprès d un conseiller de l organisme permet de savoir ce qui est envisageable selon votre situation.
Changer d employeur fait il perdre le bénéfice du prêt Action Logement en cours ?
Non. Une fois le prêt accordé et mis en place, il continue à courir même si vous changez d entreprise ou de secteur. Vous ne perdez pas le bénéfice des conditions obtenues du seul fait de la mobilité professionnelle. En cas de perte d emploi, des mécanismes d aménagement ou de report d échéances existent dans certains cas, sous conditions. Là encore, les modalités exactes figurent dans l offre de prêt et peuvent être précisées par Action Logement à la demande.